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Et si tout ce qui t'arrive n'avait pas besoin d'avoir un sens ? Pourquoi toujours donner du sens aux épreuves ?

26 sept.
6 min de lecture
Donner du sens à sa vie

Dans les rencontres qui ont bouleversé quelque chose en moi, dans les chemins que j'ai pris et ceux que j'ai abandonnés, dans mes blessures aussi, évidemment. J'ai souvent essayé de comprendre pourquoi certaines choses étaient arrivées, ce qu'elles étaient venues déplacer, réveiller ou transformer.

Et je continue à le faire.

Parce que chercher du sens peut être profondément apaisant. Cela permet parfois de remettre un peu d'ordre dans une histoire qui nous semblait complètement chaotique, de relier des morceaux que l'on croyait éparpillés et de regarder autrement ce que l'on a traversé.



Je crois que j'ai passé une bonne partie de ma vie à chercher du sens.

Dans les rencontres qui ont bouleversé quelque chose en moi, dans les chemins que j'ai pris et ceux que j'ai abandonnés, dans mes blessures aussi, évidemment. J'ai souvent essayé de comprendre pourquoi certaines choses étaient arrivées, ce qu'elles étaient venues déplacer, réveiller ou transformer.

Et je continue à le faire.

Parce que chercher du sens peut être profondément apaisant. Cela permet parfois de remettre un peu d'ordre dans une histoire qui nous semblait complètement chaotique, de relier des morceaux que l'on croyait éparpillés et de regarder autrement ce que l'on a traversé.

Mais avec le temps, j'ai aussi compris quelque chose.

Il y a des moments où chercher du sens fait du bien.

Et il y en a d'autres où cela ajoute simplement une question de plus à une douleur qui en contient déjà suffisamment.


Pourquoi avons-nous autant besoin de trouver un « pourquoi » ?

Je crois que l'être humain n'aime pas beaucoup ce qui lui échappe.

Nous aimons comprendre. Relier les points. Trouver une explication qui permettrait de remettre un peu de logique là où, justement, il n'y en a parfois aucune.

Alors lorsque quelque chose nous arrive, surtout quelque chose de douloureux, la question finit presque toujours par surgir.

Pourquoi ?

Pourquoi moi ?

Pourquoi maintenant ?

Pourquoi cette personne ?

Pourquoi cette histoire ?

Et lorsque aucune réponse satisfaisante n'arrive, nous allons parfois la chercher ailleurs. Dans notre histoire familiale, dans nos choix, dans notre spiritualité, dans le karma, dans l'Univers, dans les signes, dans les vies passées peut-être.

Je ne dis pas que ces recherches n'ont aucune valeur. Elles font partie de mon propre chemin et certaines m'ont réellement aidée.


Mais aujourd'hui, j'arrive aussi à me dire :

Je ne sais pas.

Et contrairement à ce que j'aurais pu penser autrefois, ces trois mots ne me font plus peur.

Ils me soulagent parfois énormément.


Tout n'a peut-être pas besoin d'être compris aujourd'hui

Il y a des réponses qui arrivent bien après les questions.

Parfois plusieurs années après.

Nous regardons alors derrière nous et quelque chose devient évident. Nous comprenons pourquoi nous avons changé de direction, pourquoi cette relation nous a appris à poser certaines limites ou pourquoi une période particulièrement difficile nous a conduits à prendre une décision que nous repoussions depuis longtemps.

Mais cette compréhension appartient à l'après.

Et je crois que nous oublions parfois qu'au milieu de la tempête, notre travail n'est pas forcément de comprendre la météo.

C'est déjà de tenir debout.

De traverser la journée.

De dormir quand on y arrive.

De pleurer quand cela déborde.

De demander de l'aide lorsque l'on en a besoin.

Et de recommencer le lendemain.

Il y aura peut-être un temps pour comprendre.

Mais ce temps n'est pas toujours maintenant.


« Tu verras, tu en ressortiras plus forte »

Je sais que cette phrase est presque toujours prononcée avec de bonnes intentions.

Elle cherche à rassurer. À offrir un peu d'espoir là où il n'y en a plus beaucoup.


Pourtant, certaines fois, j'ai envie de répondre :

Mais je n'avais pas demandé à devenir plus forte.


Parce qu'il existe des événements que nous aurions préféré ne jamais vivre, même s'ils nous ont transformés.

Et je trouve important de pouvoir le dire.

On peut reconnaître ce que quelque chose nous a appris sans être reconnaissant que cela nous soit arrivé.

On peut être fier de la personne que l'on est devenue sans remercier ce qui nous a brisé en chemin.

On peut avoir grandi malgré une épreuve, et non grâce à elle.

Cette nuance me paraît immense.

Elle nous autorise à regarder notre histoire sans être obligés de la rendre plus jolie qu'elle ne l'a été.


Tu n'as pas besoin de faire quelque chose de beau avec ta douleur

Je crois que c'est peut-être là que certaines injonctions du développement personnel peuvent devenir particulièrement lourdes.

Il faudrait transformer.

Transmuter.

Grandir.

Trouver le cadeau.

Faire de ses blessures une force.

Et parfois, oui, c'est exactement ce qui arrive.

Certaines personnes créent un projet après une épreuve, changent complètement de vie, écrivent un livre, accompagnent à leur tour d'autres personnes ou découvrent en elles une force qu'elles ne soupçonnaient pas.

C'est magnifique lorsque cela vient naturellement.

Mais cela ne devrait jamais devenir une obligation.

Ta souffrance n'a pas besoin de devenir productive pour être légitime.

Tu n'as pas à écrire un livre sur ce qui t'est arrivé.

Tu n'as pas à devenir une source d'inspiration.

Tu n'as pas à raconter que cette épreuve a été « le plus beau cadeau de ta vie » si, au fond de toi, tu penses exactement le contraire.

Tu peux simplement avoir vécu quelque chose de difficile.

Et avoir continué.

C'est déjà beaucoup.


Il existe peut-être une différence entre trouver du sens et en fabriquer

Cette différence, je la trouve de plus en plus importante.

Trouver du sens, c'est parfois regarder son histoire quelques années plus tard et constater qu'une compréhension s'est installée.

Fabriquer du sens, c'est vouloir absolument qu'une explication existe parce que l'idée qu'il n'y en ait pas nous semble insupportable.

Et je crois que nous pouvons nous faire beaucoup de mal à cet endroit.

Parce que si chaque événement est censé nous enseigner quelque chose, alors nous finissons presque par croire que nous avons échoué lorsque nous ne trouvons pas la leçon.

Peut-être que tu n'as rien raté.

Peut-être que tu n'as simplement pas encore suffisamment de recul.

Ou peut-être qu'il n'y aura jamais de grande révélation.

Et si c'était acceptable aussi ?


Pour l'instant, tu peux simplement traverser

Si tu es au milieu de quelque chose de difficile aujourd'hui, j'aimerais que tu puisses déposer cette question pendant quelques instants.

Tu n'as pas besoin de savoir tout de suite pourquoi cela t'arrive.

Tu n'as pas besoin de chercher ce que l'Univers veut t'apprendre.

Tu n'as pas besoin de trouver la lumière au milieu de l'obscurité alors que, pour l'instant, tu distingues à peine le chemin devant toi.

Tu peux simplement traverser.

À ton rythme.

Sans être exemplaire.

Sans être inspirante.

Sans devenir immédiatement cette fameuse personne « plus forte » que l'on te promet.

Et lorsque le temps aura fait un peu de place entre toi et ce que tu as vécu, peut-être qu'une compréhension apparaîtra.

Peut-être que tu regarderas derrière toi et que tu te diras : « Maintenant, je comprends ce que cela a changé en moi. »

Ou peut-être que tu continueras à penser que c'était profondément injuste et que tu aurais préféré ne jamais avoir à le vivre.

Les deux peuvent coexister.

Tu peux aimer profondément la personne que tu es devenue et regretter certaines choses qui ont participé à la construire.

Parce que finalement, ce n'est peut-être pas l'épreuve qui porte une leçon cachée que tu serais obligé de découvrir.

C'est toi qui, avec le temps, décideras de ce que tu veux faire de ce qui t'est arrivé.

Et parfois, décider simplement de continuer à vivre est déjà une réponse suffisamment grande.


🌿 Pour aller plus loin…

Si ces mots résonnent avec quelque chose que tu traverses ou que tu as traversé, je t'invite à écouter Les Confidences de l'Atelier – Épisode #13 : Tu n'as pas à transformer chaque épreuve en leçon de vie.

J'y parle de cette envie presque irrépressible que nous avons parfois de chercher un sens derrière chaque blessure, mais aussi du droit de ne pas savoir, de ne pas comprendre et surtout de ne pas être reconnaissant pour tout ce que la vie nous a fait traverser.

Parce qu'il existe peut-être des épreuves qui nous apprennent énormément.

Mais nous avons aussi le droit de penser que nous aurions préféré apprendre autrement.


La bise, Alicia.

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