Et si tu n’avais pas besoin de mieux t’organiser… mais d’en faire moins ? Faire moins pour vivre mieux !

Je ne sais pas exactement quand nous avons commencé à croire que le problème venait forcément de notre organisation.
Tu sais, ce moment où tu regardes ta journée, ta semaine, parfois même ta vie entière, et où tu te dis que si tu étais un peu plus organisée, tout irait certainement mieux.
Alors tu fais des listes.
Parfois même des listes de listes, ce qui, reconnaissons-le, est déjà un concept assez formidable.
Tu achètes un agenda. Tu télécharges une application. Tu ranges ton bureau. Tu décides que désormais tu prépareras tes repas à l’avance, que tu feras du sport trois fois par semaine, que tu méditeras tous les matins, que tu te coucheras plus tôt et que, tant qu’à faire, tu arrêteras de regarder ton téléphone avant de dormir.
Et pendant quelques jours, tu as presque l’impression d’avoir repris le contrôle.
Puis la vraie vie revient.
Un enfant a besoin de toi. Un rendez-vous s’ajoute. Quelqu’un t’appelle. Tu dors mal. Tu as davantage de travail que prévu. Le lave-vaisselle décide que c’est précisément cette semaine qu’il souhaite mettre fin à sa carrière.
Et tout déborde à nouveau.
Alors tu en conclus que tu n’as pas réussi à t’organiser.
Mais j’aimerais te proposer une autre hypothèse.
Et si le problème n’était pas que tu ne sais pas suffisamment bien organiser ta vie ?
Et s’il y avait simplement… trop de choses dedans ?
On nous apprend surtout à ajouter ! Mais on n'apprend pas à faire moins pour vivre mieux
C’est assez étrange quand on y pense.
Lorsque quelque chose ne va pas dans notre vie, la réponse proposée consiste presque toujours à faire quelque chose de plus.
Tu es stressée ? Médite.
Tu es fatiguée ? Fais du sport.
Tu te sens débordée ? Organise-toi.
Tu ne prends pas assez soin de toi ? Instaure une routine.
Tu manges mal ? Fais du batch cooking le dimanche.
Tu manques de confiance ? Écris tes affirmations chaque matin.
Individuellement, aucune de ces propositions n’est absurde. Certaines peuvent même réellement faire du bien.
Mais mises bout à bout, elles créent parfois quelque chose d’assez ironique : une nouvelle liste d’obligations censées nous aider à nous sentir moins débordées.
Même prendre soin de soi finit par devenir un truc qu’on devrait réussir à faire correctement.
Et je le vois souvent lorsque je vous reçois.
Vous arrivez fatiguées, parfois complètement saturées, et vous cherchez encore ce que vous pourriez mettre en place pour aller mieux.
Alors que parfois, j’ai surtout envie de vous demander :
Mais où voulez-vous encore le mettre ?
Peut-être que ta journée n’est pas mal organisée.
Peut-être qu’elle est pleine.
Il y a toutes les choses visibles, évidemment.
Le travail. Les enfants. La maison. Les courses. Les rendez-vous. Les papiers. Les repas.
Et puis il y a tout ce qui ne se voit pas.
Penser à prendre le rendez-vous chez le dentiste. Se souvenir qu’il n’y a presque plus de lessive. Répondre au message laissé de côté depuis trois jours. Anticiper le week-end. Penser à l’anniversaire qui approche. Se demander si untel va bien. Ne pas oublier de rappeler quelqu’un.
Cette espèce de petit onglet ouvert en permanence quelque part dans le cerveau.
Et généralement, c’est au moment où tu poses enfin la tête sur l’oreiller qu’il décide de te rappeler qu’il faut absolument acheter des sacs-poubelle.
Merci Gérard.
On parle beaucoup de charge mentale, et c’est aussi cela : ce travail invisible d’anticipation, de mémorisation et d’organisation qui continue même lorsque, extérieurement, nous avons l’impression de ne « rien faire ».
Alors évidemment qu’on se sent parfois épuisées.
Nos journées sont pleines avant même d’avoir commencé.
Depuis quand ne rien faire est-il devenu suspect ?
Il y a autre chose qui me questionne beaucoup.
Notre rapport au vide.
Essaie de te retrouver cinq minutes quelque part sans rien à faire.
Dans une salle d’attente. Dans ta voiture. Sur ton canapé.
Combien de temps avant que ta main parte chercher ton téléphone ?
On remplit les trous.
Tout le temps.
Même aux toilettes, soyons honnêtes. 😅
Et lorsqu’on passe une journée à lire, regarder un film, marcher, traîner ou simplement ne rien faire de particulièrement utile, on peut encore avoir cette drôle de sensation de devoir presque se justifier.
« Aujourd’hui, je n’ai rien fait. »
Comme si une journée devait produire quelque chose pour avoir été correctement vécue.
Pourtant, le vide n’est pas forcément un endroit où il ne se passe rien.
C’est parfois exactement l’inverse.
C’est lorsque le bruit baisse un peu que l’on recommence à entendre ce dont on a envie.
Ce qui nous manque.
Ce qui nous fatigue.
Ce que l’on continue de faire uniquement parce qu’on l’a toujours fait.
Et peut-être même ce que l’on n’a plus envie de porter.
Faire moins ne veut pas dire tout envoyer valser
Parce que je te vois venir.
Non, il ne s’agit pas de quitter ton travail, abandonner tes enfants sur une aire d’autoroute et partir vivre pieds nus dans une cabane au fond des Cévennes.
Même si, certains mercredis vers 18 h 30, la cabane peut sembler étonnamment séduisante. 😅
Faire moins peut être beaucoup plus discret.
Ne pas répondre immédiatement.
Ne pas accepter systématiquement.
Reporter quelque chose qui peut réellement attendre.
Faire suffisamment bien au lieu de parfaitement.
Arrêter une habitude qui ne t’apporte plus rien.
Accepter qu’une journée ne contienne pas tout.
Ou simplement arrêter de considérer chaque espace libre comme un endroit qu’il faut remplir.
Parce que faire de la place ne consiste pas forcément à bouleverser sa vie.
Parfois, cela commence par récupérer vingt minutes.
Puis une heure.
Puis un peu de silence dans sa tête.
Et si tu essayais la question inverse ?
Habituellement, lorsque nous voulons que quelque chose change, nous nous demandons :
« Qu’est-ce que je pourrais faire ? »
Alors pendant quelques jours, essaie peut-être de retourner la question.
Qu’est-ce que je pourrais ne pas faire ?
Qu’est-ce qui me prend beaucoup d’énergie pour finalement très peu de choses ?
Qu’est-ce que je continue uniquement par habitude ?
À quoi est-ce que je dis oui alors que tout mon corps pense non ?
Qu’est-ce que je pourrais faire moins bien sans que le monde ne s’écroule ?
Et surtout :
si j’arrêtais d’essayer de tout faire, qu’est-ce qui resterait vraiment important ?
Je trouve cette dernière question assez vertigineuse.
Parce qu’elle ne parle finalement pas tellement d’organisation.
Elle parle de choix.
Et cette Nouvelle Lune du 11 septembre dans tout ça ?
Demain, 11 septembre 2026, nous entrerons dans une Nouvelle Lune en Vierge.
Et symboliquement, la Vierge parle justement beaucoup de notre quotidien, de nos habitudes, de la façon dont nous organisons concrètement notre vie, mais aussi de discernement : regarder ce qui est là et distinguer ce qui est encore utile de ce qui ne l’est plus.
Alors cette fois, je n’avais vraiment pas envie de te proposer un rituel rempli de nouvelles intentions. Pas une nouvelle liste. Pas dix choses à manifester avant la prochaine Pleine Lune.
J’ai eu envie de faire exactement l’inverse.
Faire le tri pour pouvoir agir.
J’ai donc préparé un rituel guidé autour d’une seule idée :
faire de la place pour ce qui compte vraiment.
Il est disponible gratuitement sur mon site et sur Spotify, accompagné d’un exercice d’écriture et d’un petit rituel symbolique.
Mais avant même de le faire, tu peux déjà observer ta journée aujourd’hui.
Pas pour la corriger.
Pas pour l’optimiser.
Juste pour regarder.
Regarder ce qui prend de la place.
Ce qui prend de l’énergie.
Ce que tu fais parce que tu le choisis vraiment… et ce que tu continues simplement parce que tu as oublié que tu pouvais peut-être choisir autrement.
Et si tu trouves un petit espace à libérer, ne cherche pas immédiatement ce que tu vas mettre dedans.
Laisse-le respirer un peu.
On verra bien ce qui aura envie d’y revenir.
La bise lunaire, Alicia 🤍



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