Et si tu arrêtais de lutter contre tes peurs ? Est-il possible de vivre avec ses peurs ?

Pendant longtemps, j'ai cru qu'un jour, je n'aurais plus peur.
Je ne sais pas vraiment d'où venait cette certitude. Peut-être de tous ces livres qui promettaient de dépasser ses blocages. Peut-être de cette idée que, lorsque l'on travaille suffisamment sur soi, on finit forcément par se libérer de tout ce qui nous freine.
Alors j'ai cherché, beaucoup (beaucoup trop ...)
J'ai voulu comprendre pourquoi certaines peurs revenaient toujours au même moment, comme si elles connaissaient parfaitement le chemin pour me retrouver.
Je me suis dit qu'il devait forcément y avoir une explication.
Et surtout… une solution.
Et si tu arrêtais de lutter contre tes peurs ...
Personnellement, j'étais persuadée qu'il existait une clé
Il y a une peur qui m'a accompagnée pendant très longtemps.
La peur du manque.
Lorsque l'on est à son compte, il suffit parfois que le téléphone sonne un peu moins, que quelques rendez-vous se décalent ou qu'une dépense imprévue arrive pour qu'elle se réveille.
Ce qui est étrange, c'est que cette peur ne regardait presque jamais la réalité.
Il m'est arrivé d'avoir de l'argent sur mon compte… et de ressentir malgré tout cette boule au ventre.
Comme si une partie de moi refusait de croire que tout allait bien.
Alors j'ai cherché d'où cela venait.
J'ai exploré mon histoire, mon enfance., mes mémoires familiales.
Je me suis intéressée aux transmissions invisibles, aux blessures qui traversent parfois les générations, aux vies passées aussi.
J'ai écrit, j'ai médité, j'ai fait des soins, des rituels, j'ai brûlé je ne sais combien de feuilles.
À chaque fois, je pensais me rapprocher un peu plus de cette fameuse clé qui ferait enfin disparaître cette peur.
Mais elle revenait.
Toujours.
Et si je m'étais trompée de combat ?
J'ai compris qu'accepter ses peurs n'était pas les encourager. C'était reconnaître leur présence, sans leur confier les commandes de ma vie.
Pendant longtemps, j'ai vécu ce retour comme un échec.
Je me disais que je n'avais pas encore assez travaillé sur moi.
Qu'il restait forcément quelque chose à comprendre.
À libérer.
À nettoyer.
Puis un jour, presque sans prévenir, une autre idée s'est imposée.
Et si le problème n'était pas cette peur ?
Et si le problème, c'était toute l'énergie que je dépensais à vouloir la faire disparaître ?
Cette pensée m'a profondément bouleversée.
Parce qu'elle changeait complètement la question.
Je ne cherchais plus comment ne plus avoir peur.
Je me demandais comment continuer à vivre… même lorsqu'elle était là.
Certaines peurs ne demandent peut-être pas à disparaître
Je crois que nous avons parfois une vision très exigeante de l'évolution personnelle.
Nous imaginons qu'un jour, si nous faisons suffisamment de travail sur nous-mêmes, nous serons enfin totalement alignés.
Totalement sereins.
Totalement libérés.
Mais la vie ne ressemble pas à cela.
Il existe des blessures qui s'apaisent.
D'autres qui nous accompagnent longtemps.
Et peut-être même certaines qui feront toujours un peu partie de nous.
Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.
Parce qu'une peur n'a pas besoin de disparaître pour perdre son pouvoir.
Elle cesse simplement de diriger notre existence.
J'ai arrêté de vouloir convaincre ma peur
C'est sans doute le changement le plus important que j'ai vécu.
J'ai arrêté de vouloir prouver à cette peur qu'elle avait tort.
À la place, j'ai commencé à prendre soin d'elle.
Pas en la laissant décider pour moi.
En la rassurant.
Concrètement.
Lorsque je le peux, je mets un peu d'argent de côté.
J'anticipe certaines dépenses.
Je garde une petite marge de sécurité.
Je ne fais pas cela parce que je nourris ma peur.
Je le fais parce qu'une partie de moi a besoin de sentir que, aujourd'hui, les choses sont différentes.
Comme on rassurerait un enfant qui a longtemps vécu dans l'insécurité.
On ne lui dit pas qu'il a tort d'avoir peur.
On lui montre, jour après jour, qu'il est désormais en sécurité.
Je crois que nous méritons parfois la même douceur envers nous-mêmes.
La liberté n'est peut-être pas là où nous la cherchons
Aujourd'hui, cette peur revient encore parfois.
À la fin d'un mois un peu plus calme.
Lorsqu'un imprévu arrive.
Lorsque l'incertitude reprend un peu de place.
Mais elle ne décide plus à ma place.
Elle ne m'empêche plus de créer.
Elle ne m'empêche plus de faire des projets.
Elle ne m'empêche plus de profiter de ce qui est là.
Et je crois que c'est cela, la véritable liberté.
Non pas vivre sans peur.
Mais vivre sans lui abandonner les clés de notre vie.
Et si tu faisais la paix avec cette partie de toi ?
Il y a peut-être, toi aussi, une peur qui revient régulièrement.
La peur de manquer.
La peur d'être abandonné.
La peur de ne pas être à la hauteur.
La peur de décevoir.
Pendant longtemps, tu as peut-être essayé de la faire taire.
De la comprendre.
De la transformer.
Et si, aujourd'hui, tu essayais autre chose ?
Et si tu lui demandais simplement de s'asseoir à côté de toi, sans la laisser prendre le volant ?
Peut-être qu'elle protestera encore un peu.
Peut-être qu'elle parlera fort certains jours.
Mais tu n'es plus obligé de lui obéir.
Parce qu'au fond, grandir ne consiste pas toujours à faire disparaître ce qui nous fait peur.
Il arrive que grandir consiste simplement à regarder cette peur avec tendresse, à lui prendre la main… puis à continuer d'avancer malgré elle.
Et je crois que c'est souvent ainsi que l'on retrouve, peu à peu, une forme de paix.
🌿 Pour aller plus loin…
Si cette confidence résonne en toi, je t'invite à écouter Les Confidences de l'Atelier – Épisode #10 : Et si le problème n'était pas ta peur… mais le combat que tu mènes contre elle ?
J'y partage une prise de conscience très personnelle. Pendant longtemps, j'ai cru que je devais me débarrasser de ma peur du manque pour être heureuse. Aujourd'hui, je sais que je peux avancer, créer et vivre pleinement… même lorsqu'elle se manifeste encore.
La bise énergétique, Alicia.



Commentaires