Tu as le droit de ne pas être positive
- Alicia Renou
- 1 août
- 4 min de lecture
Oui, oui, tu as le droit ...

Il y a quelque temps, une personne est venue me voir au cabinet. Avant même de s'asseoir, elle s'est excusée.
"Je suis désolée... aujourd'hui, je ne suis pas très positive."
Cette phrase m'a profondément touchée, pas parce qu'elle était triste.
Parce qu'elle avait l'impression qu'elle n'avait pas le droit de l'être.
Comme si, pour être une "bonne" personne, il fallait toujours garder le sourire.
Comme si reconnaître que l'on va mal était devenu un aveu de faiblesse.
Je me suis demandé à quel moment nous avions commencé à croire cela.
À quel moment nous avions décidé que certaines émotions étaient acceptables... et que d'autres devaient être cachées.
Nous vivons dans une époque où il faudrait toujours aller bien, être positive tout le temps ...
Il suffit d'ouvrir les réseaux sociaux pour s'en rendre compte.
On y parle de gratitude, d'abondance, de pensées positives, de vibrations élevées.
Et attention, je ne dis pas que tout cela est mauvais.
Je pratique moi-même la gratitude. Je crois profondément que notre regard sur la vie influence notre façon de la traverser.
Mais parfois, j'ai le sentiment que l'on confond lumière... et obligation d'être heureux.
Comme si une personne triste était forcément une personne qui faisait "mal" son développement personnel.
Comme si pleurer signifiait que l'on avait échoué.
Je n'y crois pas.
J'ai longtemps cru qu'il fallait être forte
Je vais te faire une confidence. Pendant longtemps, lorsque quelque chose me faisait souffrir, je cherchais presque immédiatement une solution.
Je voulais comprendre, transformer, apprendre, grandir.
Je voulais que cette émotion disparaisse le plus vite possible.
Avec le recul, je crois que je ne lui laissais même pas le temps d'exister.
Comme si ressentir de la tristesse était une perte de temps.
Aujourd'hui, je fais les choses autrement.
Lorsque je sens une émotion arriver, je n'essaie plus tout de suite de la faire taire.
Je commence par l'écouter...
Les émotions ne viennent jamais sans raison
La tristesse ne frappe pas à notre porte pour nous punir.
La colère ne cherche pas à faire de nous une mauvaise personne.
La peur n'est pas là pour nous empêcher de vivre.
Elles arrivent avec un message.
Parfois, elles nous disent que nous sommes épuisés.
Parfois qu'une limite a été dépassée.
Parfois qu'un deuil n'est pas encore terminé.
Ou qu'une partie de nous a besoin d'être entendue.
Alors bien sûr, certaines émotions peuvent devenir envahissantes et mériter un accompagnement. Mais vouloir les faire disparaître avant même de les comprendre, c'est un peu comme arracher le voyant lumineux d'une voiture parce qu'il nous dérange.
Le problème ne disparaît pas.
On ne voit simplement plus qu'il est là.
Et si la spiritualité, c'était aussi accepter ses jours de pluie ?
C'est une idée qui me tient particulièrement à cœur.
Je ne crois pas que l'on évolue spirituellement parce que l'on sourit tout le temps.
Je ne crois pas que l'on "vibre haut" parce que l'on cache ce que l'on ressent.
Je crois même l'inverse.
Je crois que l'on grandit le jour où l'on ose dire :
"Aujourd'hui, je n'ai pas le moral."
"Aujourd'hui, je suis en colère."
"Aujourd'hui, j'ai peur."
Sans honte | Sans culpabilité | Sans chercher immédiatement à transformer cette émotion en quelque chose de plus acceptable.
Parce qu'une émotion accueillie finit souvent par s'apaiser.
Une émotion que l'on refuse d'écouter trouve toujours une autre manière de se faire entendre.
Ce que je souhaite aux personnes qui poussent la porte de mon atelier
Lorsque quelqu'un vient me voir, je ne lui demande jamais d'arriver avec le sourire.
Je ne lui demande pas de penser positif.
Je ne lui demande pas d'avoir déjà compris ce qu'il traverse.
Je lui demande simplement d'être vrai.
Parce que je suis convaincue que c'est à cet endroit-là que tout commence.
Le jour où l'on cesse de jouer un rôle.
Le jour où l'on arrête de dire que tout va bien alors que l'on s'effondre à l'intérieur.
Le jour où l'on accepte de regarder ses émotions sans les juger.
Ce n'est pas toujours confortable.
Mais c'est souvent le premier pas vers un véritable apaisement.
Et si tu t'autorisais simplement à être humain ?
Peut-être que tu lis ces lignes à un moment où tout va bien.
Et tant mieux.
Ou peut-être qu'en ce moment, tu te sens fatigué, triste, perdu, à fleur de peau...
Si c'est le cas, j'aimerais simplement te dire ceci :
Tu n'as rien raté.
Tu n'es pas en train de "mal vibrer".
Tu n'es pas moins spirituel parce que tu traverses une période difficile.
Tu es simplement un être humain qui vit.
Et vivre, c'est aussi accueillir des jours où le ciel est un peu plus gris que les autres.
Ils ne dureront pas toujours.
Mais tant qu'ils sont là, ils méritent, eux aussi, d'être regardés avec douceur.
Parce qu'au fond, la lumière ne consiste pas à ne plus avoir d'ombre.
Elle consiste à apprendre à marcher avec elles, sans les craindre, jusqu'au jour où elles nous montrent ce que nous avions besoin de comprendre.
🌿 Pour aller plus loin...
Si cette réflexion résonne en toi, je t'invite à écouter Les Confidences de l'Atelier – Épisode #5 : Tu n'es pas obligé(e) d'être positif tout le temps.
J'y partage une conviction qui s'est imposée à moi au fil des années : nous n'avons pas besoin d'être parfaits pour avancer. Nous avons simplement besoin d'être sincères avec ce que nous vivons.
La bise énergétique, Alicia



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